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Hier, aujourd'hui et demain, quels sont les buts, les idéaux de la psychanalyse dans lesquels nous pouvons nous reconnaître ? Ont-ils évolué ? Évolueront-ils jusqu'à dissoudre la psychanalyse dans la psychothérapie, comme le craignent certains ? En ce qui me concerne, je défendrai plutôt l'idée que c'est la psychothérapie qui se fondra peu à peu dans l'analyse. Ainsi, nos anciennes thérapies de soutien sont-elles en passe de devenir, grâce à la réflexion des analystes d'hier et d'aujourd'hui, des analyses avec étayage et soutien du cadre.
Je crois donc à l'intégration des psychothérapies analytiques dans le cadre théorique général du processus psychanalytique, en après-coup. Cette perspective ne fait que suivre l'évolution de la théorie et de la technique depuis la naissance de la psychanalyse, où l'on a vu la suggestion lentement diminuer pour laisser place au travail psychique, et le maniement du transfert s'assouplir par la remise en cause du contre-transfert. La cure proprement dite s'épanouirait ainsi sur le modèle inverse de l'hystérie, dans l'après-coup de la séduction, de la suggestion, de la psychothérapie.
Une des particularités de la cure analytique, qui la différencie des psychothérapies de l'urgence et du premier coup traumatique, c'est son rapport à la temporalité. La prise en compte du temps pour élaborer, pour intégrer l'histoire du sujet, repose elle-même sur l'histoire, déjà longue, de la théorie psychanalytique. C'est cet aspect qui la dégage de plus en plus des autres formes de psychothérapies, et constitue son fondement éthique.
Puisque avec l'éthique nous voilà revenus aux visées idéales de la cure, j'espère ne pas trop faire dans l'idéologie – ces idéologies de la cure que j'avais étudiées voici six ans, lors d'un colloque à Deauville auquel m'avait invité