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Dans un texte déjà ancien1, nous avions relevé les différents moments de la construction de la notion de destin chez Freud. L'Interprétation des rêves évoque une malédiction dont l'effet subjectif est une blessure inguérissable, du fait que nous sommes poussés à accomplir des actes que le Je ne peut reconnaître comme siens. Le tragique est ainsi inscrit dans la condition humaine, du fait de ce qui sera plus tard désigné comme la pulsion. Non seulement les différentes pulsions peuvent avoir des buts qui entrent en conflit, mais plus radicalement, le fait de la pulsion ne peut qu'infliger au moi une blessure « narcissique ». Ce qui relativise, soit-dit en passant, la notion de « libération sexuelle ». Dans cette perspective, on peut comprendre que le Surmoi n'est pas seulement répressif, mais qu'il est aussi tutélaire, qu'il protège le sujet contre de trop grandes effractions.
Dans « La dynamique du transfert »2, Freud définissait le destin comme l'association de daimon et tyché. Daimon représente « les prédispositions naturelles », la force « divine qui s'empare de l'homme et le pousse à accomplir des actes dont le Je n'est pas la source véritable » ; Tyché désigne les circonstances de la vie, les aléas de notre histoire, le hasard des événements qui ont orienté le cours de notre vie.
Plus tardivement interviendra la notion d'ananké, comme ce qui assigne notre existence non seulement à une fin, mais à la finitude. La butée sur un impossible est ce que montre L'analyse avec fin et l'analyse sans fin.