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Il y a toujours (au moins) trois scènes d'inscription, écrit François Lyotard (Lyotard, 1990) : trois scènes qui lient, ou plutôt qui signalent, l'articulation complexe de ce que l'on pourrait appeler le parcours d'une existence « en quête d'écoute ». Tout d'abord, le lieu de la vie elle-même, dans sa douleur ou dans sa disposition à affecter un discours en mesure de l'accueillir ; la scène où cette voix se décline en une interlocution, en une demande adressée à l'autre, en l'instituant dans le rôle de destinataire possible ; enfin, la scène qui les domine toutes deux et tente, dans le dispositif de l'écriture théorique, d'en appréhender la trajectoire. Mais cette tripartition n'est peut-être même pas vraiment suffisante, ne serait-ce que parce que l'origine parle à plusieurs voix, ou alors c'est une invention rétrospective, une construction opérée par l'histoire qui essaye de repenser, selon les modalités qui lui sont propres, ce qui l'institue. Ou plutôt : non pas une invention, mais ce qui s'engendre dans l'opération de retard du signe par rapport au réel, de supplément (après-coup). Une origine qui naît (pour le sujet) seulement dans son renvoi, dans ce « trop tard » qui définit le moment de la compréhension et qui signale toutefois, dans ce retard même, un avant-coup, un déjà alors qui n'est pas institué par le supplément mais qui s'adresse à celui-ci pour exister.
La question pourrait être : Est-on vraiment obligé de ne penser l'origine qu'en termes de représentation (non pas au sens d'avoir une représentation de l'origine, mais au sens, bien plus radical, que rien n'existe en dehors de l'origine) – comme une lecture de l'a posteriori semblerait inévitablement l'imposer –, ou bien peut-on prendre en considération ce qui reste malgré les relectures infinies, ce qui résiste au travail de la mémoire et de son incessante retranscription, toujours en admettant que ce n'est pas la résistance elle-même qui donne une consistance à ce reste ? En outre : Comment penser c