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Tout part d'un instant, d'une perception, ou plutôt d'une perception détournée, qui n'aboutit pas ; une perception volontiers fugace, une perception modifiée ; d'autant plus fugace que le sujet ne tient pas à s'y attarder, car elle dérange sa vision du monde selon laquelle tous les êtres humains ont un pénis : le petit garçon a accès par la vue à l'entrejambe d'une petite fille, il (ne) voit (pas) qu'il (n') y a (pas de) pénis. Il s'agit d'une hallucination négative de l'absence : le petit garçon ne voit pas l'absence de pénis, ou plutôt il ne se rend pas compte que là, il n'y a pas de pénis. Il s'en tire bien, provisoirement, il sauve sa vision du monde à condition de ne pas s'y attarder. Mais la perception en question laisse tout de même un reste. Ce premier temps n'a aucune raison d'être qualifié de pathologique (même si la perception est faussée), il est une des manifestations de l'extrême plasticité de l'appareil psychique.
Le petit garçon est dans la situation d'un individu croyant, qui donc a idéalisé un objet : toute perception doit confirmer cette idéalisation et donc ne jamais laisser voir les défauts éventuels de l'objet, ou le fait que les perfections de l'objet ont pu notablement décliner, ou même, sans qu'il en soit averti, diminuer dans son esprit (cela il ne peut se le permettre s'il a collé son identité à l'objet idéalisé). Le petit garçon a ainsi idéalisé son, le, pénis. Il est donc lui aussi dans une position de déni de perception : grande angoisse ; si certains ne l'ont pas, c'est qu'ils l'ont perdu, donc moi aussi je peux le perdre… et je ne serai plus le même ; il y risque son identité.
De toute façon, et nous y reviendrons, toute perception est plus ou moins teintée d'idéalisation, toute perception ajoute et retranche quelque chose à la réalité extérieure. Mais l'idéalisation est aussi un processus fragile qui, dans une