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Ô temps suspend ton vol ! et vous heures propices suspendez votre cours.
Si l'Inconscient ne connaît pas le temps, le Moi, lui, le Moi conscient doit de toute évidence le reconnaître et l'admettre en lui. Idem pour la mort. La notion du temps comme celle de la mort sont indissociables : l'Inconscient les ignore mais quelque part dans le psychisme, une instance, le Moi sans doute ou du moins une partie du Moi1, doit forcément les prendre en compte. Autrement nous ne pourrions nous maintenir en vie – le temps (comme la réalité dont il est l'une des données) rattrape toujours les « inconscients » qui font comme s'il n'existait pas.
Dans les situations extrêmes où la mort rôde, heureusement que le Moi veille.
Pourtant l'Inconscient intemporel « parle » et le plus souvent de façon impérieuse. L'actualisation du passé ou la répétition agie dans le transfert vont imprimer spécifiquement la temporalité de la cure. De l'Inconscient peut surgir répétitivement, voire mécaniquement et hors de tout déroulement temporel cette « force actualisante de Ça » selon l'heureuse formule d'A. Green (2000), le transfert risque alors de s'enliser dans une analyse sans fin où le temps s'est arrêté.
En général, quand dans une cure, le temps se (re)met en marche, c'est toujours le signe d'une ouverture au monde et à autrui : signe d'espoir d'un retour vers un présent subjectivé à distinguer de l'actuel2.