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Je suggère dans cet article que dans les premières phases de nombreuses analyses, les rêves de certains patients annoncent le cours futur de la cure. Ces rêves contiennent non seulement un récit condensé de la relation transférentielle, mais aussi celui que l'analyse va révéler peu à peu. Bien que l'analyste puisse avoir conscience de l'importance cruciale de tels rêves, ce n'est que rétrospectivement, à un stade ultérieur du traitement, qu'il lui devient possible de mieux les comprendre. De plus, le récit du rêve communique une expérience spécifique que l'analyste ressent dans le contre-transfert mais qu'il ne comprend que lentement avec le développement de l'analyse. Le travail analytique consiste à modifier le développement que ces rêves anticipent et à faire en sorte que quelque chose change dans la « prédiction ».
Bien que la littérature psychanalytique ne soit pas dépourvue de quelques références au premier rêve de l'analyse d'un patient (par exemple, Stekel, 1943 ; Greenacre, 1975 ; Beratis, 1984), les articles consacrés à ce sujet sont rares. Stekel (1961) suggère que les premiers rêves d'une analyse peuvent dire toute l'histoire de celui qui rêve et qu'ils sont principalement dérivés d'expériences traumatiques réellement vécues. Bressler lie également le premier rêve de l'analyse à des souvenirs de la première enfance et suggère que les premiers rêves analytiques indiquent parfois que le patient vit le commencement d'une analyse comme un retour au sein maternel. À partir de ce type de rêve, Franco et Levine (1969) ont construit les profils psychologiques du rêveur. Beratis (1984) a récemment mis en question la pertinence de ces premiers rêves de l'analyse, bien qu'elle semble les interpréter directement à partir de leur contenu manifeste, sans attendre les associations des patients ou établir