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Ils m'ont appelé l'Obscur et j'habitais l'éclat.
Les deux descriptions freudiennes de l'appareil psychique se réfèrent à deux paradigmes différents, celui du rêve pour la première topique et celui du deuil pour la seconde, impliquant tous les deux l'essence transformationnelle des processus psychiques et la discontinuité, aussi bien en termes d'antinomie que de complémentarité entre la perception de la réalité et la mémoire. Cette discontinuité est fondatrice de l'existence même de la réalité psychique.
L'élaboration du deuil de son père et le cheminement de son auto-analyse sur fond d'alliance homosexuelle transférentielle avec Fliess, a conduit Freud à abandonner sa Neurotica et à remanier la théorie du traumatisme ainsi que ses conceptions du souvenir. Dans « Remémoration, répétition et élaboration », il s'agit de se détacher de la vérité historique objective des images mémorielles au profit d'une autre qualité des souvenirs, y compris les souvenirs écrans, de moins en moins identifiables quoique identifiés, témoins véridiques de l'événement passé, mais de moins en moins réalistes et de plus en plus fantasmés. À côté de ces images très anciennes, une autre sorte de réminiscence, qualifiée de transfert, opère en acte et est vouée à la présentification du refoulé. Comme le rappelle J. Guillaumin1 il s'opère pour la première fois au plan théorique dans une doctrine de la mémoire une convergence et articulation entre deux découvertes freudiennes, l'une concernant le rôle du rappel des images dans la cure, l'autre la structure de la relation analyste-analysé.
Dans « Constructions en analyse », Freud reviendra sur cette articulation entre l'objectivité historique liée à la réalité de la trace mnésique et la subjectivité