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La femme porte au-dedans d'elle un organe susceptible de spasmes terribles, disposant d'elle, et suscitant dans son imagination des fantômes de toute espèce. C'est dans le délire hystérique qu'elle revient sur le passé, qu'elle s'élance dans l'avenir, que tous les temps lui sont présents.
« Dans l'inconscient rien ne finit, rien ne passe, rien n'est oublié. C'est ce qui nous frappe le plus quand nous étudions les névroses et l'hystérie en particulier. La voie des pensées inconscientes qui mène à la crise libératrice pourra se rouvrir dès qu'une quantité d'excitation suffisante se sera amassée »2, écrit Freud dans L'interprétation des rêves. De fait, l'intemporalité de l'inconscient ne peut être conçue en dehors de l'existence de crises hystériques qui en constituent tout à la fois des modalités de son émergence et de remaniement du passé.
Dans la cure, le passé est perçu non pas comme un état statique dont les différents éléments seraient reliés entre eux d'une façon quasi intangible avec une fixité rappelant celle des molécules d'un cristal, mais apparaît au moment où, à travers le flux des associations du patient, ses rejetons le révèlent sous forme de liaisons fugaces, mobiles, évanescentes, souvent trompeuses, sollicitant, parfois de façon traumatique, l'appareil psychique de l'analyste3. La lecture de l'œuvre