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Avec son titre La survivance1 et son sous-titre « Traduire le trauma collectif », le deuxième livre de Janine Altounian pose d'emblée trois niveaux psychiques : le concept avec la notion de survivance, le processus avec celle de traduction, et l'événement avec le trauma. Ces trois niveaux, pris ensemble dans le mouvement tout à la fois régrédient et progrédient, constituent, pour reprendre Pierre Fédida dans sa préface, « l'écriture de la mémoire de l'événement dont on ne peut se souvenir ».
L'auteur avait, dans un premier temps, choisi un autre titre : « Traduire les restes », et un autre sous-titre : « La langue des survivants ». La traduction des restes institue une langue spécifique, celle que je me propose ici de nommer la langue de la fonction paternelle. C'est, en effet, le fil de la fonction paternelle que je vais suivre dans ma lecture de l'ouvrage2.
D'abord, un mot du style de J. Altounian, car le style reflète, précisément, l'empreinte de la fonction paternelle.
L'aptitude de Janine Altounian à manier le paradoxe3, ses mots d'une précision exigeante, son analyse d'une profondeur déroutante, obligent à une