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Ni la littérature ni le cinéma ne nous ont donné beaucoup de productions mettant en scène le personnage de Freud. Si ce n'est le très beau film Freud, passions secrètes de John Huston, quelques moments théâtraux et quelques aventures croisées avec Sherlock Holmes, peu d'auteurs ont osé reprendre la vie de Freud pour la mêler à une fiction. On peut croire que les difficultés se situent à plusieurs niveaux. Or voici que, des États-Unis, arrive un roman qui se situe du côté de la « théorie-fiction », roman qu'il ne sera pas si facile de bien recevoir.
La fin du XXe siècle aura vu se déployer, dans tous ses attraits, la valeur du « faux ». Sous le titre « l'ère du faux », la revue Autrement y consacrait un numéro (n° 76, janvier 1986), rappelant comment le faux, devenu une valeur-refuge, se retrouvait autant du côté de l'art, des bijoux et de la mode que du côté des décors, similis, apparences, faux-semblant, trompe-l'œil, anamorphoses, masques et trucages, faux manuscrits retrouvés, fictions et autofictions, tous des effets du vacillement du réel. Est-ce à cette tendance que correspond le roman de Israel Rosenfield, La Mégalomanie de Freud ? Tendance qui, voulant mêler le vrai au faux, le scientifique à la fiction, brouillant les origines, les personnages, les références, créant tromperies et illusions, veut atteindre le ludique et laisser s'échapper, comme par magie, une vérité sur soi et les autres. Ce faux qui, faut-il toujours se le rappeler, n'est pas le contraire du vrai.
Bien malin celui qui pourrait raconter l'histoire de ce roman éclaté, baroque à souhait : histoire d'un dernier manuscrit retrouvé qui viendrait