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Arts du bouleversement, la création esthétique et la pratique analytique – tant du côté de l'analyste que du patient – se rencontrent, et se révèlent l'une et l'autre en une poïetique de la perturbation. Tout au long de cet ouvrage, Murielle Gagnebin va tenter d'éclairer l'ineffable de l'art par l'indicible de la psychanalyse. Mais loin des discours hermétiques ou séducteurs, elle va le faire avec clarté, méthode, rigueur et liberté. Prenant en compte les nombreux apports post-freudiens, elle va trouver-créer sa propre métapsychologie de la création.
Murielle Gagnebin met l'accent, dans le processus créateur, sur « le degré de travail imposé au psychique par suite de son lien avec le corporel » ; pour elle, cette définition freudienne de la pulsion s'applique à la fabuleuse rencontre dans le procès de la création entre l'intérieur et l'extérieur, le soma et la pensée, le subjectif et les contraintes stylistiques, les revendications de l'affect et les opacités du matériau, les exigences narcissiques et l'espoir d'une communication, sans compter les retours madrés du refoulé.
L'artiste « stratège de l'inconscient » produit des actes créateurs, il met en œuvre un programme d'exécution que Murielle Gagnebin, qui aime emprunter à la pensée philosophique, compare aux quatre causes aristotéliciennes de la création : cause matérielle, cause finale, cause formelle, cause efficiente. La cause matérielle de l'œuvre est constituée du riche foisonnement des pulsions partielles du créateur (orales, anales, scopiques, d'agrippement, de respiration, etc.). À la suite de Melanie Klein et d'Hanna Segal, l'auteur considère que la cause finale qui meut l'artiste vise à l'élaboration de la position dépressive,