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Traduction d'un ouvrage publié initialement en 1989, ce livre « a pour ambition d'exprimer une composante de la nature de l'expérience psychanalytique, qui doit sûrement être une nouvelle forme d'être », nous dit son auteur (p. 16). Être, pour Ch. Bollas se conçoit avant tout comme une réalisation de soi via l'expérience, c'est-à-dire comme une appropriation. D'emblée et avec une terminologie que je développerai, l'auteur nous plonge dans une conception de la psychanalyse où l'expression de la subjectivité à travers la construction du sens paraît prendre le pas sur la révélation de sens. La quête de la vérité est au cœur de cet ouvrage sous la forme d'une vérité de la continuité de l'être, du sentiment de cohésion interne, voire d'harmonie. Les problématiques du clivage du moi et des identifications aliénantes sont ainsi au premier plan même si ces termes ne figurent pas dans le livre. Mais c'est aussi parce que Bollas se situe dans la ligne du « wo es war soll ich werden » freudien (1932) et que la place de ce qu'il nomme « connaissance non pensée » est centrale. Une question à mon sens essentielle découle de cette position : celle de la dialectique entre ce qui ressort de la défense au sens large et ce qui ressort du défaut (de représentation, de symbolisation, de connaissance, d'éprouvé). L'auteur semble privilégier le non encore advenu, c'est-à-dire le défaut, bien plus que la résistance. Un exemple parmi d'autres en témoigne. L'une des références à Bion que nous propose Bollas se trouve focaliser l'attention de l'analyste sur le passage de la préconception à la conception, conçue comme réalisation « jouissive » du vrai self, mais il n'est pas question de l'étape ultérieure, celle du passage à la pensée, c'est-à-dire de l'advenu qui a été perdu et