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C'est un bonheur de retrouver enfin une publication émanant du Centre de psychanalyse et de psychothérapie Évelyne et Jean-Kestemberg, dans une nouvelle édition annuelle dont la belle présentation rénove celle des anciens « Cahiers » du Centre, tout en s'inscrivant dans le droit fil de l'exceptionnelle qualité bien connue atteinte par ceux-ci dans les années 1980, lorsque Évelyne Kestemberg en assurait la direction.
À cette époque, nous avions connu des numéros remarquables consacrés à l'étude serrée des singularités du fonctionnement mental et des mécanismes défensifs psychotiques (déni, clivage, projection, désintrication pulsionnelle, etc.). Il s'agissait, écrivait Évelyne Kestemberg en 1981, de « comprendre comment, à partir de l'investissement massif, anhistorique actuel, de l'excitation qui le sous-tend et de l'angoisse, voire la détresse qui l'accompagne, pourrait s'organiser une relation tolérable d'abord, utile ensuite, avec un autre qui n'y perdrait pas son altérité ». Vingt ans plus tard, on voit cette recherche se poursuivre avec la même vigueur, la même rigueur théorique, et le même courageux engagement dans des situations cliniques concrètes difficiles, dont l'étrangeté des modalités transféro-contre-transférentielles réclame une implication personnelle considérable inscrite dans l'esprit psychanalytique le plus fondamental d'affrontement, non seulement en l'autre mais en soi-même, aux énigmes toujours fuyantes de la psyché humaine.
Liliane Abensour retrace l'histoire de la création du Centre en 1974, par René Angelergues et Jean Kestemberg, au sein de l'ASM 13 qui favorisait la diversité des lieux et des formules de soins. Elle rappelle qu'il s'agissait d'offrir un espace différent de l'institution psychiatrique, fonctionnant en semi-autonomie