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Il y a des circonstances exceptionnelles comme le passage à l'an 2000, qui a amené une revue à sortir un numéro d'une exceptionnelle richesse. Comment pratique-t-on l'analyse des adolescents en l'an 2000 ? Ce numéro donne la parole à des analystes éminents en France comme en Europe pour confronter leurs points de vue sur la spécificité ou non de la formation au traitement des adolescents, les différentes formes de traitement à l'adolescence, et exposer le cadre des soins dans différents pays européens.
Arnaldo Novelletto aborde la question de la spécificité du traitement de l'adolescent par un exemple clinique. Un enfant devenu adolescent retourne voir celui qui l'avait traité quelques années auparavant… qui l'adresse à un collègue qu'il pense plus à même d'entendre le patient comme un adolescent, et non comme un ancien enfant qui a grandi.
Maxim de Sauma du Brent Adolescent Center à Londres, souligne les points précis requis pour être analyste d'adolescents, plaidant pour une formation spécifique des analystes capables alors de connaître ce langage. Pour lui, la formation à la pratique de l'analyse des enfants ou des adultes ne prépare pas à celle du traitement des adolescents, tandis que Marilia Aisenstein s'oppose à une hyperspécialisation des psychanalystes. Elle se réfère à la nécessité pour tout analyste de posséder une connaissance approfondie du modèle névrotique fondamental de la théorie psychanalytique.
Florence Guignard se demande s'il y a encore des adolescents en l'an 2000, ou s'il n'y a que des adolescents. Il n'y aurait plus de différence entre les adolescents et les adultes qui n'en sont plus. La latence ne remplirait plus sa fonction comme zone tampon entre sexualité infantile et adulte. Elle pense qu'une formation en psychanalyse d'enfants et d'adolescents permettra au psychanalyste d'adulte de traiter des patients de l'an 2000.
Les positions freudienne et kleinienne sur l'adolescence sont très clairement résumées par C. Bronstein. Même si ces position