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« Du ciel à travers le monde jusqu'à l'enfer », dit le directeur du théâtre juste avant que le drame de Faust ne commence. Des surfaces et des profondeurs psychiques, à travers le rêve, les affects, les symboles et le langage, jusqu'au transfert, tel est l'itinéraire que nous propose le passionnant rapport de Laurence Kahn sur la figurabilité. Son point de départ est, en effet, la problématique des surfaces psychiques, son point d'arrivée : l'enfer du transfert, saisi dans son nœud le plus serré, l'incarnation transférentielle.
Le titre du rapport, « L'action de la forme », ne prend sens que dans une relecture : il est d'emblée ouvert, énigmatique, il nous oblige à l'entendre non pas de façon univoque, mais dans une écoute plurielle et polyvalente. Il opère une sorte de renversement premier : la forme comme un agent, comme porteuse d'une action, comme capable d'agir ; la forme est animée par un poïein, un faire, une activité poïétique. La forme n'est pas seulement la trace ou l'effet d'une force qui s'est moulée dans une matière, elle n'est pas le résultat du modelage d'un matériau, mais c'est elle, la forme, qui devient agissante, qui modèle et produit des effets.
Envisageons d'abord l'action de la forme par rapport à la prise en considération de la figurabilité du rêve. Laurence Kahn traduit Darstellbarkeit par présentabilité et la condition de figurabilité par condition de ou égard à la présentation. Ceci provoque d'abord en nous une certaine perplexité. Les mots « figure » et « figurabilité » rendaient de façon précise cette exigence de l'ensemble du travail du rêve : les pensées du rêve, le logos du rêve, pour pouvoir se représenter dans la conscience du rêveur, doivent se transformer en images, en figures, surtout visuelles. Mais on doit accepter que la traduction proposée présente l'avantage de se rapprocher de la langue freudienne, elle produit ainsi une sorte de rajeunissement traductif de cette notion : on perçoit mieux les correspondances que ce mot établit