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Je souhaite participer à la discussion en tentant d'éclairer la démarche de Laurence Kahn puis débattre de certains points particuliers de son développement.
Je partirai, arbitrairement du structuralisme qui fondait sa démarche sur la thèse fondamentale qui visait à contester que les formes apparentes puissent nous révéler ce qu'elles avaient à nous dire, en nous invitant à chercher les relations non apparentes entre certains termes des corpus étudiés. Sous la forme pointait la formalisation. On sait comment, après une période où ce point de vue domina, la nécessité se fit sentir de dépasser ces idées directrices. L'essai de Laurence Kahn me paraît s'inscrire dans une tentative de retour vers les formes selon un autre point de vue. Il y a déjà un moment que Cassirer a refait surface parmi nous (Pierra Aulagnier, citée par Laurence Kahn), mais je me demande si la pensée de Laurence Kahn ne s'inscrit pas dans le sens d'une révision conceptuelle. En effet, pour ce qui concerne la psychanalyse, la théorie lacanienne, qui a si profondément marqué la psychanalyse française, avait pris appui sur le structuralisme de Ferdinand de Saussure dans les années où l'on pensait qu'on avait trouvé dans la linguistique une science-pilote. Or, on le sait maintenant, le Cours de linguistique générale, sur lequel Lacan avait pris appui, fait l'objet de critiques dans le cadre d'une réévaluation des versions officielles des éditeurs C. Bally et A. Sechehaye qui ont simplifié et schématisé la pensée de l'auteur, négligeant des nuances et des préoccupations qui nous permettent de mieux situer la philosophie linguistique de Saussure. Du coup, la théorie lacanienne s'en trouve affectée. L'interprétation saussurienne de Lacan, d'une certaine manière, aggrave les déformations du cours transmis par Bally et Sechehaye.