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L'insistance de Laurence Kahn sur la traduction de Darstellung par présentation et non par figuration permet de se libérer de l'attraction du visuel et de penser d'autres modes de figuration. Elle-même, dans son rapport, envisage bien des aspects du traitement de la surface, avec le retour de la sensorialité dans les formes sous lesquelles apparaît une représentation de désir refoulé. Mais l'utilisation de l'olfaction n'est pas abordée dans son rapport ; il est vrai qu'il s'agit d'un mode sensoriel particulièrement délaissé des psychanalystes1. Pourtant Freud, dans ses premiers travaux, sans doute sous l'influence de Fliess, n'en néglige pas l'importance.
Le sensoriel olfactif est au plus près de l'affect. Alors que le visuel fournit une mise en scène à la représentation, l'olfactif crée l'ambiance, l'atmosphère. Si la perception visuelle n'est possible qu'en présence de l'objet, l'odeur subsiste, comme l'affect, en son absence. L'odeur devient l'indice, le signe de l'objet. Ce pouvoir de garder la sensation en l'absence de l'objet ouvre au déplacement symbolique, donne à l'odeur un pouvoir d'évocation qui dépasse le souvenir précis de l'objet. En d'autres termes, l'odeur se prête aux déplacements et à la condensation. Sans doute est-ce une raison du rôle qu'elle joue dans les réminiscences. La réminiscence n'est pas une invention de Freud. La réminiscence olfactive est un leitmotiv dans la littérature du XIXe siècle. Les odeurs, les parfums servent de point d'appel à la reviviscence de scènes vécues, à l'évocation de personnes aimées. Maine de Biran, Balzac, les Goncourt, George Sand, Flaubert, Maupassant ou encore Zola, tous ont en commun la reprise de ce thème. Une fois acquis, le souvenir olfactif ne s'efface plus, même à long terme. L'odeur fait partie d'un contexte émotionnel et constitue