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La psychanalyse est devenue une discipline en mal de définition. Ce que Freud nomme « les piliers de la théorie analytique » ne fait plus l'unanimité chez les psychanalystes : « L'acceptation de processus psychiques inconscients, la reconnaissance de la doctrine de la résistance et du refoulement, la prise en considération de la sexualité et du complexe d'Œdipe sont les contenus principaux de la psychanalyse et les fondements de la théorie, et qui n'est pas en mesure de souscrire à tous ne devrait pas compter parmi les psychanalystes. »1
Toutefois, cette mobilisation actuelle de l'intérêt-désintérêt autour des références freudiennes semble appartenir inévitablement à l'évolution même de la discipline. Mais le véritable enjeu ne réside pas tant dans l'effacement plus ou moins marqué de la référence freudienne. Ce qui est déterminant, à notre avis, c'est ce que représentent certains silences quand ils visent, en arrière-plan, à gommer des contenus et des notions, non seulement ceux des processus inconscient et de résistance, mais surtout le sexuel, la notion d'une sexualité infantile envisagée en tant que facteur organisateur de la psyché et non pas comme simple étape du développement. Bion s'en inquiétait déjà en 1975 : « Freud a dit que les enfants avaient une vie psychique en relation avec la sexualité : ceci fut nié ou réenterré. »2
Ce ne fut pas le cas dans les publications françaises : deux ouvrages collectifs sous l'impulsion de J. Chasseguet-Smirgel (1964, 1972) ; J. Laplanche (1970, Vie et mort en psychanalyse) ; le Rapport en 1975 au CPLR de