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La complexité théorique et la richesse du beau rapport de César et Sára Botella me conduisent, pour introduire à sa discussion, à tenter d'abord d'en ressaisir les lignes de force et les articulations.
Dès le préambule, les auteurs posent avec vigueur un problème central pour la psychanalyse, telle qu'elle apparaît « cent ans après », et qui est consubstantiellement lié à son développement : de Freud qui, en 1923, affirmait que ceux qui ne prennent pas en compte la sexualité infantile et le complexe d'Œdipe […] « ne devraient pas compter parmi les psychanalystes »1, à André Green qui souligne que « les analystes […] travaillent plus ou moins inconsciemment à effacer le rôle de la sexualité infantile »2, nombreux sont les analystes à avoir rappelé que le schibboleth de la sexualité infantile peut être refoulé ou dénié. La parution récente d'une monographie de psychanalyse, inspirée par Janine Chasseguet-Smirgel, et traitant des tendances actuelles de la psychanalyse américaine, confirme ces analyses. Comme César et Sára Botella le soulignent, la « vieille » théorie de la séduction fait massivement retour, et c'est à mon sens un des effets du rôle majeur donné aujourd'hui à Ferenczi dans la culture psychanalytique contemporaine. Ce retour à la théorie de la séduction fut d'ailleurs, comme Ferenczi l'explicite clairement dans son Journal Clinique, une des raisons d'écrire son célèbre article : « Confusions de langues » : je rappelle qu'il souhaitait, au moment de la présentation de son rapport au congrès de Wiesbaden, que Freud le considère – je cite – « comme un pauvre enfant malade ».