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Il y a quelques années, j'avais rapproché les études que César et Sára Botella avaient publiées, à propos de leur expérience de cas cliniques, de mes recherches sur la création poétique. Leur rapport sur Figurabilité et régrédience présenté au LXIe Congrès des psychanalystes de langue française et leur ouvrage La figurabilité psychique1 confirment mes hypothèses.
Si l'on veut tenter de comprendre les mécanismes de la créativité, dans quelque domaine qu'elle s'exerce, il est nécessaire d'envisager les relations du corps et de l'appareil psychique. En effet si la création est un acte émanant du psychisme d'un adulte, elle s'enracine dans le corps et dans le sexuel primordial décrit par C. et S. Botella. Les premières sensations, les premières traces mnésiques seront reprises dans la création. L'étude des premiers poèmes d'un auteur permettent d'approcher les phénomènes de régrédience et les processus de figurabilité à l'origine de la création poétique.
Nous allons retracer brièvement les circonstances de la naissance (dans l'écriture) de quelques poètes et tenter de cerner les processus qui ont présidé à cette naissance.
Un après-midi de juin, un jeune homme, âgé de 23 ans, se trouvait dans une prairie à l'époque de la fenaison. Assis dans l'herbe, au bord d'un ruisseau qui longeait le pré, il regardait le paysage et respirait l'odeur du foin