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Chez certains sujets, une représentation clé fait défaut – Freud avait parlé de neurones clés, dans l'Esquisse, mais on sait qu'il fallait entendre ces « neurones » dans un sens métaphorique. Lacan, quant à lui, a évoqué la forclusion d'un signifiant fondamental – mais ici à l'inverse, il faut rattacher le signifiant abstrait à la chair, au sens où A. Green a écrit que l'affect est le signifiant de la chair et la chair du signifiant (1973). Quoi qu'il en soit, ce défaut représentatif correspond selon moi à un défaut primaire de mise en forme de la sexualité, à un fantasme originaire qui n'a pu s'élaborer du fait de la carence traumatique d'une expérience intégratrice avec un objet, ou du fait de la fixation traumatique d'un fantasme originaire sous une forme violente, vouée à la compulsion de répétition mortifère. La carence d'élaboration laisse un « trou dans le psychisme », qui se réduit alors à la production compulsive d'une forme motrice hallucinatoire plus ou moins bruyante sur le plan symptomatique.
Pour C. et S. Botella (2001), ce type d'avatar de l'élaboration psychique justifie qu'on évoque l' « hallucinatoire » et « le sexuel primordial », afin d'élargir une vision de la psychanalyse « trop centrée sur la représentation ». Certes, s'ils veulent étendre le psychique au-delà des représentations de mots et de choses telles qu'elles sont liées dans le travail préconscient du rêve et décrites dans la métapsychologie freudienne de 1915, je les comprends tout à fait. Le défaut de représentation au sens habituel du terme mérite qu'on insiste sur la carence des mots et même des images à en rendre compte. Au niveau le plus primitif du matériau psychique, il y a une sorte de confusion