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J'avais décidé, chère Sára et cher Cesar, de ne pas intervenir sur votre rapport… Un congrès est d'abord un lieu convivial et requiert un certain consensus qu'il est préférable de ne pas troubler. Mais, considérant de plus près ce qui se trouve en jeu, j'ai choisi d'exprimer mes réserves. Vous l'avez compris, chers amis, je ne suis pas d'accord avec nombre de vos propos et propositions.
Vous dites pourtant nombre de choses pertinentes lorsque vous évoquez ces incertitudes qui saisissent un psychanalyste à certains moments d'une cure, et vous n'hésitez pas à évoquer quelques-unes de ces questions qui demeurent depuis longtemps sans réponses ; là-dessus, je peux d'autant mieux rejoindre vos interrogations que nous sommes censés faire le même métier et nous affronter aux mêmes difficultés – et c'est bien pourquoi des rencontres comme celles de ce congrès sont utiles. Donc, vous questionnez bien – ce sont vos réponses qui me contrarient, surtout lorsqu'elles tendent à se présenter comme des certitudes.
Dans le cadre très limité de ce genre d'intervention, je dois laisser pour une autre occasion bien des remarques et questions que j'aurais souhaité vous proposer ; je vais devoir m'en tenir à ce qui forme l'essentiel de mon désaccord, et qui se trouve donc porter sur ce qu'il me semble que vous considérez, justement, comme l' “essence” de vos conceptions. Par le recours à ce terme, j'implique bien sûr l'idée que celles-ci participent d'une idéologie, cette expression d'un processus inconscient produit par le contexte socioculturel ; l'idéologie nous agit tous (moi le premier), et elle se fait particulièrement prégnante lorsque nous touchons aux fondements mêmes de ce qui nous inspire et nous guide – c'est-à-dire, pour ce qui nous concerne tous ici, notre engagement dans la psychanalyse.