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Du substantif à la substance, la pente est dangereuse : Le mot ne prouve pas que la chose existe.
En rappelant que le sexuel est à la base du fonctionnement psychique, Cesar et Sára Botella se joignent à tous ceux qui, après Freud, tiennent à confirmer l'importance de la pulsion dans l'organisation psychique. On ne peut que les en féliciter.
Chemin faisant, ils proposent au répertoire métapsychologique un terme nouveau : le « sexuel primordial ». Voici la définition qu'ils en proposent :
« … le désir en tant qu'hallucinatoire en soi, parce qu'il “est”, serait le sexuel primordial ; le désir en tant que mouvement, non pas reproducteur du souvenir de l'expérience de satisfaction mais tendance vers la retrouvaille de l'état de qualité hallucinatoire serait ce que Freud décrit comme pulsion sexuelle, vectorisée grâce à l'investissement d'objet, autrement dit le sexuel infantile, forme organisée du sexuel primordial. »
Disons-le d'emblée : Placer le désir, comme le font les auteurs, d'une part, dans une catégorie kantienne de « chose en soi » qui serait constituée par l'hallucination – « … le désir en tant qu'hallucinatoire en soi, parce qu'il “est”, serait le sexuel primordial… » et, d'autre part, « … en tant que mouvement… vers la retrouvaille de l'état hallucinatoire… » constitue une sérieuse aporie tant pour les catégories kantiennes que pour la métapsychologie freudienne.
Néanmoins, puisqu'ils proposent à l'attention du lecteur un terme nouveau – le « sexuel primordial » – dans un champ qui en comporte déjà un si grand nombre, il convient d'examiner le nouveau venu, afin de reconnaître tout d'abord de quoi il est fait, puis de s'assurer que rien