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En donnant à la figurabilité le statut d'une capacité psychique essentielle à la transformation qualifiante de la motion inconsciente, qui ne serait par ailleurs qu'indirectement accessible, César et Sára Botella en appellent à la notion d'un « hallucinatoire » dont le soulèvement intérieur tient, fondamentalement, à l'importance d'une réalité devenue désormais nécessaire. Et à ce point constitutive de la satisfaction par sa différence avec elle, que ce n'est pas, à notre avis, son existence qui, dans l'excès, paraît alors méconnue, mais plus exactement la place et l'actualité de cette réalité, dans le jeu relationnel avec l'objet, qui varieront confusément, afin de mieux s'en assurer. Profondeur d'un mouvement couvrant en conséquence une large surface de la vie psychique, on voit déjà que l'hallucinatoire n'a, dès lors, plus rien à voir avec ce qu'on désigne couramment sous le terme d'hallucination psychotique, laquelle pourrait, en effet, être entendue comme son contraire.
C'est ce qu'en quelques pages nous voudrions esquisser, en énumérant d'abord les points forts de cette opposition ; pour suivre, dans un deuxième temps, le sens naturel du mouvement hallucinatoire, sa forme et ses aléas ; et mieux saisir, en dernière partie, ce que le paradoxe psychotique, au contraire, rassemble d'insensé, dans l'impensable de l'hallucination.
— Ce n'est d'abord pas sans raisons, qu'au LXIe Congrès des psychanalystes de langue française, le thème : « Hallucinatoire et hallucinations » a été proposé à la réflexion d'un groupe de travail sous cet intitulé. Un singulier et un pluriel.
— On peut y voir la différence entre ce qui est processus, dynamique évolutive sur une trajectoire vivante, et ce qui, à côté, s'impose comme phénomènes, précisément « à côté », insolites et isolés, dans une répétition sans unité ni direction qui serait le début d'un sens. « J'ai des voix », dit le schizophrène
tout simplement, mais en totale perplexité. L'auditif n'y est pas pour rien, et nous auron