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L'extension du domaine de l'oralité est infinie. Sa dissémination est sa limite. À sa base, l'expérience alimentaire de l'enfant, ses facteurs et ses effets constituent un champ très largement ouvert aux diverses méthodes et objets de recherche de la psychologie. Un vaste panorama, observable de multiples points de vue, est, aussi, une source inépuisable de métaphores, de mythes et de symboles, comme le montrent abondamment les contes, les légendes et les films : images de la béatitude, du paradis perdu ou de l'horreur cannibalique, ou encore de la détresse et de la mort dans les affres de la faim et de la soif.
L'affirmation par Freud de sa nature sexuelle a fait rupture avec la tradition qui la réduisait à l'instinct nutritionnel de conservation. Elle a conduit au modèle de l'étayage et de la séduction originaire, et elle a ouvert la voie aux confrontations entre la clinique et l'observation directe du bébé.
Les composantes de l'oralité comme première forme de sexualité prégénitale inconsciente sont si diverses que de multiples modèles y trouvent fondement en privilégiant tel ou tel aspect de l'expérience et des traces mnésiques qu'elle est susceptible de déterminer. Si les expériences corporelles sont à l'origine des fantasmes, du moi, et des opérations structurantes de la vie psychique, l'oralité a une place majeure, et même unique du fait qu'elle associe étroitement, dès la naissance, le corps, le comportement, le manque, le plaisir et la mère.
Il est classique depuis Freud de distinguer d'une part le plaisir orificiel, la succion, l'ingestion qui met en rapport le dehors et le dedans, et d'autre part la réplétion et la satiété comme sensation globale venant de l'intérieur du corps. C'est aussi le rapport au sein et au corps de la mère, et, par là, la forme première de dépendance. Le sevrage, quelle qu'en soit la forme, signifie la confrontation à l'absence et situe la place de l'auto-érotisme comme générateur des fantasmes et comme capacité d'être seul. Force est