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La plupart du temps, lorsqu'un analyste reçoit une personne dans le cadre d'une psychanalyse, il ne rencontre pas de tiers extérieur à la cure ; ni le mari d'une femme en crise conjugale sévère, ni les enfants ou les parents de la patiente, quelles que soient les préoccupations légitimes qu'ils peuvent occasionner à l'analysant comme à l'analyste. Il s'agirait d'une intrusion de la réalité extérieure dans la cure, d'un passage à l'acte contre-transférentiel. La plupart du temps… veut dire qu'il est parfois nécessaire d'être plus souple, et que l'analyste sache remettre en question son cadre habituel. Dans l'idée que je m'en fais de plus en plus, le cadre est une construction à laquelle le patient contribue souvent. Nous savons en effet que nous n'avons jamais uniquement affaire à des registres névrotiques, et qu'une part des expériences psychiques de tout patient appartient peu ou prou à l'ordre du clivé (et non du refoulé), de l'archaïque ou de l'impossible à représenter en dehors de l'agir. Il vaut mieux que l'analyse s'adapte plutôt qu'un tel noyau échappe à l'analyse, et agisse au-dehors dans une répétition infinie, signant l'inefficacité de la cure.
Est-ce l'expérience de cures avec des enfants ou des adolescents ? J'ai de plus en plus tendance à considérer que la tolérance temporaire aux agirs sur le cadre est le seul moyen de piéger le négatif, et pour le patient de mettre en jeu la part traumatique de son histoire. Cela fait partie de toute psychanalyse, sans mériter pour autant le terme réducteur de psychothérapie. Ainsi, un début ou un passage transitoire en face à face, ou par une relaxation, ne me semblent rien d'autre que des étapes vers un cadre normal ; celui-ci reste un idéal, une perspective raisonnable pour peu que l'analyste soit aussi patient, et