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« Je n'ai jamais trouvé d'homme si généreux et si large à nourrir ses hôtes
que “recevoir ne fût pas reçu”,
ni d'homme si… (l'adjectif manque)
de son bien
que recevoir en retour lui fût désagréable. »
C'est un passage de l'Havamal, un des plus anciens poèmes scandinaves, que Mauss choisit comme épigraphe de Essai sur le don, et la première strophe introduit d'emblée l'offre de nourriture comme exemple de don à échanger.
Pourtant, il peut sembler paradoxal et il n'est pas sans risque de relire ce texte avec le regard du psychanalyste qui y chercherait la marque de l'oralité. Car il s'agit d'un travail déjà très commenté et considéré comme éminemment représentatif de deux écoles de pensée qui sont également des méthodologies, la sociologie durkheimienne et le structuralisme. Alors la psychanalyse peut-elle proposer quelque nouvel éclaircissement dans une étude anthropologique aussi complète que brillante, qui utilise un matériel dense et varié pour la théorisation d'un fait social, et dont la réflexion s'est, maintes fois, trouvée reprise et prolongée par de nombreux auteurs ? Plus précisément, la question se pose à nouveau de savoir ce que la psychanalyse peut apporter à l'anthropologie.
Essai sur le don (1925) est un texte fondamental dans l'œuvre de Marcel Mauss, texte dans lequel il reprend des thèmes essentiels pour lui, qu'il a traités antérieurement et qu'il continuera à étudier, l'obligation, le sacrifice, la