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L'anorexie mentale a été décrite par les psychiatres du XIXe siècle mais elle a pu apparaître dans les monastères de femmes dès le XIIe siècle : l' « anorexie sainte » ; il y aurait là un premier exemple du lien de l'affection avec la recherche d'une pureté qui va jusqu'à tenter d'exclure la sexualité et même toute pulsion vitale. Cette maladie a longtemps constitué une énigme quant à son étiologie ; son expression somatique a pu faire l'objet de théories endocrinologiques tandis qu'elle était souvent confondue avec l'hystérie par les psychiatres. Ce sont les psychanalystes qui ont enfin élucidé son mystère qui réside dans sa métapsychologie : Hilde Bruch aux États-Unis dès les années 1940 et les Kestemberg avec Simone Decobert qui l'ont considérée en 1971 comme une perversion instinctuelle.
Il est vrai que la compréhension de cette affection psychique qui s'exprime par le corps n'est pas facile car les critères qui s'appliquent aux névroses, aux états-limites et même aux psychoses classiques se révèlent insuffisants. La difficulté est de trouver une unité entre les formes de début de l'anorexie à l'adolescence, parfois légères et fugaces, et les évolutions au long cours où s'affirme dans la chronicité la structure de psychose froide.
Ces patientes ne consultent pas facilement les psychiatres et encore moins les psychanalystes, d'autant plus, il faut bien le dire, que dans le passé ces derniers n'étaient pas toujours préparés à les recevoir pour une psychothérapie analytique. Certains collègues ont l'occasion de traiter des adolescentes quand ils travaillent dans des services hospitaliers de médecine ou de psychiatrie. Mais il peut arriver que des patientes, par décision personnelle ou sous l'influence de la famille ou d'un médecin, s'adressent à un psychanalyste. Il s'agit parfois d'anorexies qui débutent et de formes relativement accessibles