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Le titre de cet article aura été emprunté à un texte qui m'a été remis par une patiente adulte. Sa thérapie avait réanimé le mouvement anorexique de l'adolescence, intriqué cette fois-ci avec un transfert homosexuel plus primaire que secondaire où le maternel noir du deuil (lit-vide) et de la haine fermait le corps, où le pulsionnel sanglant perforant enflammait le corps, avant que la fonction contenante et transformatrice de l'analyse, puisse laisser se développer l'enfant capable de rêver, d'inventer suffisamment sa vie pour enfin créer ses poèmes.
J'ai, dans ma pratique d'analyste, eu en thérapie des adultes, parents d'anorexique, et une fillette de 9 ans devenue anorexique à l'adolescence. J'ai pu à plusieurs reprises aborder le soin de l'anorexique après la crise de l'adolescence, à l'âge adulte. L'enfance de l'anorexique décrite souvent sans problèmes, m'est apparue comme un déni puissant, devant opérer sur une histoire familiale souvent profondément traumatique et dramatique… mais indicible. L'incestuel avec la mère surtout, l'inceste agi avec le père parfois, enferment la famille et l'anorexique en particulier, dans une clôture narcissique où l'œdipe ne peut être un fantasme investissable car désirable, protégé suffisamment par des interdits structurants.
Le changement catastrophique de l'adolescence vient dénoncer la fragilité identitaire encadrée auparavant par des contre-investissements rigides.
L'absence de projet identificatoire1 personnel et authentique est alors comblée hâtivement par un projet autocratique et antipulsionnel, celui de la