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Face à l'oralité, Freud fut confronté à une double tâche : d'une part, le souci de rendre publique, de décrire, développer la découverte de la sexualité infantile ; de l'autre, l'histoire d'une relation : « Modèle du rapport amoureux » (S. Freud, 1905, p. 527).
Dans le deuxième essai sur la sexualité, Freud glisse un mot (S. Freud, 1905) : cannibale. Il s'exprime ainsi :
« Une première organisation sexuelle prégenitale est celle que nous appellerons orale ou, si vous voulez, cannibale. L'activité sexuelle, dans cette phase, n'est pas séparée de l'ingestion des aliments, la différenciation de deux courants n'apparaissant pas encore. Les deux activités ont le même objet et le but sexuel est constitué par l'incorporation de l'objet, prototype de ce qui sera plus tard l'identification appelée à jouer un rôle important dans le développement psychique. »
Ces propos ont donné du fil à retordre aux épigones.
Freud parle ici d'organisation, ce qui donne à l'oralité une perspective de mouvement, de procédé ; d'autre part, le terme cannibale, énonce « crûment » non seulement que le but et l'objet de cette activité coïncident, mais aussi l'interdit qui les frappe : le cannibale n'introduit pas n'importe quoi dans sa bouche, c'est de la chair et de la chair d'homme, ce qui ne va pas de soi.
Le défi était lancé (la première activité humaine est frappée d'interdit) il fallait le recueillir.
D'une part, la notion d'étayage - la libido s'appuie sur la nécessité vitale de nourriture - liée d'une façon indissoluble aux exigences du corps et à son fonctionnement, au plaisir d'un besoin satisfait et, par conséquent, au déplaisir d'une tension qui ne trouve pas de satisfaction immédiate.