You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
Si Freud avait pu dire de la psychanalyse qu'elle consiste à ramener une formation psychique à d'autres qui ont précédé celle-ci dans le temps, qu'elle a été amenée depuis le tout début à rechercher des processus de développement et qu'elle a été obligée de faire dériver la vie psychique de l'adulte de celle de l'enfant, « de prendre au sérieux l'adage : l'enfant est le père de l'homme »1, on peut dire de l'œuvre de Melanie Klein qu'à son tour, elle a fait dériver la vie psychique du nourrisson de celle de l'enfant. En ouvrant la voie de l'analyse d'enfant, elle s'est également trouvée à la recherche de processus de développement qui l'ont conduite à reconstruire le monde interne du nourrisson à partir des situations anxiogènes des débuts de la vie « dont le contenu est comparable à celui des psychoses de l'adulte »2. Elle affirme que si elles ne subissent aucun remaniement, elles sont à l'origine des psychoses de l'enfance et de l'âge adulte.
Dans sa conception, l'oralité engage de prime abord la dualité pulsion de vie / pulsion de mort dans la dialectique incorporation/rejet. Partant de Freud et dans la continuation des travaux d'Abraham qui avait subdivisé la phase orale conçue par Freud en une phase de fusion et une phase de dévoration sadique ou cannibalique liée à l'apparition des premières dents -, elle a pris en considération, dans le développement du tout petit enfant, le rôle joué dès la naissance par les pulsions destructrices avec leur impact sur les premières