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« Mon oreille avide d'entendre Les notes d'or de sa voix tendre, Tout mon être et tout mon amour Acclament le bienheureux jour Où, seul rêve et seule pensée, Me reviendra la fiancée ! »
C'est le poète, parmi les plus sensibles à la musique, qui ouvre à la compréhension de notre sujet : Qu'est-ce que son oreille est si avide d'entendre ? L'oreille serait-elle avide comme une bouche ? Il s'agit bien d'une nourriture psychique : la voix, tendre naturellement. Ce même poète a célébré : « De la musique avant toute chose », après nous avoir livré son Rêve familier :
« Et, pour sa voix, lointaine, et calme, et grave, elle aL'inflexion des voix chères qui se sont tues. »
Hymne à l'aimée, celle qui aime et comprend,
Sortie des songes et de l'exil de l'inconscient…
L'oralité, qui se rapporte au plaisir de la bouche, n'est pas seulement liée à la fonction alimentaire. Son champ pulsionnel est beaucoup plus vaste. Comme nous le montrerons, il passe par l'écoute et l'émission de la voix, tributaire elle-même du souffle qui la porte et en assure la mélodicité.
Le poète nous invite à penser l'avidité de l'oreille, avant celle de la bouche. Son intuition est devenue vérité scientifique : avant la naissance, le plaisir oral est lié à l'écoute d'une voix devenue familière, celle de la mère.