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Dans un livre d'une centaine de pages, G. Bonnet nous compte une belle histoire de psychanalyse d'un meurtrier, réalisée il y a une quinzaine d'années. Elle a déjà été publiée, sous forme d'articles, en mettant l'accent sur tel et tel aspect, en particulier dans la Revue française de psychanalyse à propos de la jalousie2. Ici c'est le problème du remords, peu abordé dans la littérature psychanalytique, qui est étudié.
L'histoire résumée est celle-ci : un adolescent de 17 ans, alors qu'il était seul dans la maison familiale, se saisit brusquement d'un couteau et va tuer, de plusieurs coups au ventre, la voisine d'en face réputée pour surveiller tout ce qui se passait autour de chez elle. Il cache le corps mais se dénonce rapidement à sa mère. Il est alors adressé à l'hôpital psychiatrique en raison surtout de son jeune âge, car, à part quelques actes délinquants mineurs, il n'a guère d'antécédents. Il faut toutefois signaler une agression sur sa sœur et une tentative de viol, peu convaincante il est vrai, à l'encontre d'une jeune fille, faits sous-estimés par la famille.
Celle-ci se compose des parents et de 10 frères et sœurs, le sujet, Didier, étant l'avant-dernier. Or, événement qui aura une grande importance dans l'analyse, le père, italien d'origine, a rompu avec sa propre mère, veuve très attachée à lui et hyperprotectrice, lors de son mariage avec une Française, la mère de Didier. Il s'est installé en France sans donner son lieu de résidence, a défendu à ses enfants d'apprendre l'italien, et a toujours parlé de sa mère dans