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Est-il possible de résumer en une centaine de pages petit format une existence aussi riche et une œuvre aussi complexe que celles de Wilfred R. Bion (1897-1979) ? Poser la question, c'est mesurer l'ampleur de la tâche à laquelle s'est attachée Elsa Schmid-Kitsikis dans son Wilfred R. Bion publié aux Éditions PUF.
Pour introduire son travail Elsa Schmid-Kitsikis résume brièvement sous l'intitulé « Une vie d'expérience émotionnelle » les œuvres autobiographiques : The Long Week-End : 1897-1919 et All My Sins Remembered. Elle retrace la vie de Bion, ses origines et son enfance aux Indes jusqu'à l'âge de 8 ans, puis son passage douloureux en Angleterre. C'est alors que s'ouvre pour le jeune Bion une longue épreuve de souffrance et de frustration loin des siens.
En janvier 1916, quelques mois après sa sortie du lycée privé, Wilfred Bion rejoint les rangs des forces armées. Elsa Schmid-Kitsikis donne une idée très forte des expériences effrayantes et traumatisantes auxquelles Bion a eu à faire face pendant la Grande Guerre, des situations de danger de mort physique et psychique2.
C'est en 1934 qu'il commence sa formation de psychanalyste et sa pratique en libéral qui furent interrompues par l'éclatement de la Deuxième Guerre mondiale et il se retrouve sous les drapeaux en 1940 : il occupe un poste de psychiatre de secteur. À cette époque Bion commence son travail sur