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« Donald Woods Winnicott » : c'est en toutes lettres que Denys Ribas a choisi d'orthographier les prénoms du psychanalyste à qui il consacre cette monographie, passionnante à tous égards. Il est vrai que le « D. W » qui figure habituellement sur les ouvrages de Winnicott ne nous renseigne pas sur ce déterminant inconscient essentiel qu'est le prénom : Woods est le nom de jeune fille de sa mère, et Donald est le prénom du père de celle-ci ; Denys Ribas attire ainsi notre attention sur l'influence historique maternelle chez un auteur - seul garçon, et dernier enfant de sa fratrie - qui a consacré la part essentielle de son œuvre à la naissance de la vie psychique de l'enfant.
Une bonne trentaine de pages, qui ouvrent la monographie de Denys Ribas, sont consacrées à la vie de Winnicott ; c'est naturellement précieux pour le lecteur français qui n'a pas eu en général accès aux éléments biographiques épars publiés, pour l'essentiel, par des auteurs anglo-saxons. Mais la richesse de ces pages tient à l'acuité de « l'écoute » psychanalytique de ces éléments biographiques, qui permet à Denys Ribas de mettre en liens l'enfance et le devenir de l'œuvre psychanalytique, selon une méthode inaugurée jadis par Didier Anzieu dans L'auto-analyse de Freud. Il ne s'agit pas pour moi de reprendre en détail tous les éléments de cette partie de l'ouvrage ; j'en soulignerai cependant quelques points remarquables :
— importance de l'environnement féminin dans l'enfance de Winnicott, qui parle, à propos de sa mère et de ses deux sœurs aînées de ses « trois mères » ;
Coll. « Psychanalystes d'aujourd'hui », PUF, 2000.
— possibilités d'une brisure psychique dans l'enfance, liée à « la trace précoce d'une dépression maternelle, éprouvée dans une faille du holding »1 ;
— enfin, absence apparente de conflits entre Winnicott et son père jusqu'à l'adolescence, moment où il est envoyé en pension.
Denys Ribas note cependant, à travers la très pénétrante analyse d'un souvenir-écran de Winnicott, que la