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Au-delà des interrogations concernant les diverses possibilités d'articulation entre masochismes et maladie, cet excellent numéro devrait rester un livre de référence sur les différentes manières d'aborder la toujours énigmatique question théorique du masochisme, ses rapports complexes avec le narcissisme, et la pluralité de ses figures cliniques.
Benno Rosenberg nous offre, comme à son habitude, un texte d'une extrême cohérence et d'une rigueur quasi mathématique, qui reprend en l'approfondissant sa conception bien connue du masochisme primaire comme défense fondamentale contre « les visées déconstructives de la pulsion de mort », intervenant dès la constitution même de la première ébauche du moi par la libido narcissique. Celle-ci deviendrait ainsi partie intégrante du noyau masochique primaire, lequel organiserait le principe de plaisir/déplaisir et ouvrirait la voie vers le développement des relations objectales, en fournissant aux deux pulsions antagonistes un cadre favorisant en leur sein une double participation pulsionnelle, cadre hors duquel se développeraient les pathologies caractérisées par la fuite de la conflictualité comme certaines psychoses et les somatoses. L'auteur se fait radical : « Ce qui rend malade n'est pas le masochisme, mais la pulsion de mort que le masochisme ne réussit pas à lier… toute pathologie est causée par la pulsion de mort, et toute défense est en dernière instance d'ordre masochique. » Poursuivant sa démonstration qui fait de la pulsion de mort la source de tous les maux, il s'efforce de réfuter l'idée que l'excitation libidinale puisse comporter un quelconque danger psychique : la libido, ayant une fonction de liaison et d'autoconservation, ne saurait à ses yeux être nocive et, si elle est bien souvent cliniquement corrélative de l'apparition des symptômes, ce ne serait pas en raison d'un lien de causalité directe mais de la mise en œuvre « intermédiaire » d'une défense destinée à compenser l'appauvrissement, consécutif à un in