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La famille n'apparaît pas comme un objet spécifiquement psychanalytique dans l'œuvre de Freud. Elle est par contre présente comme un cadre général, un dispositif donné et actif: il suffit de relire les Cinq psychanalyses pour se convaincre à la fois de la forte présence de l'entourage familial et de l'absence de sa prise en compte comme facteur intrinsèque. En 1921, dans Psychologie des foules et analyse du moi, la famille n'est pas citée au rang des grandes institutions de groupement que sont la foule, l'armée et l'Église.
La famille infiltre pourtant de bout en bout la réflexion de Freud: la découverte de la constellation œdipienne actualise la dimension familiale au sein de chaque sujet. En 1923, dans « Le Moi et le Ça », l'introduction du sentiment de culpabilité inconscient et l'identification au père de la préhistoire personnelle, corrigé en note comme « identification aux parents », précise la place de la famille au sein de la psyché: « Le caractère du moi résulte de la sédimentation des investissements d'objets abandonnés; il contient l'histoire des choix d'objets. » Un peu plus tard, dans Malaise dans la civilisation (1929), Freud précise que le surmoi se forme sur le modèle du surmoi parental, remarque qui ouvre sur la perspective d'emboîtements qui remontent la lignée des générations.
C'est probablement avec « le petit Hans » que se mettent en place les prémisses d'une psychothérapie familiale. Le travail de Freud porte essentiellement sur le père de Hans, et indirectement sur la mère. Il ne rencontre Hans qu'une seule fois. Cette prise en charge de l'enfant par son père, sous la direction de Freud, forme peut-être la première esquisse de psychothérapie familiale psychanalytique publiée de l'histoire de la psychanalyse. On sait aussi que les psychanalystes, aux temps « héroïques », n'hésitent pas à intervenir auprès de leurs proches: Anna Freud est analysée par son père et M. Klein analyse son propre fils.
Une réflexion spécifiquement psychanalytique sur la