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La crise de l'autorité, composante de la crise de la culture, traverse tout le XXe siècle dont elle accompagne le développement, nous dit Hannah Arendt1. « Le symptôme le plus significatif de la crise et qui indique sa profondeur et son sérieux, est qu'elle a gagné les sphères pré-politiques, comme l'éducation et l'instruction des enfants, où l'autorité, au sens le plus large, a toujours été acceptée comme une nécessité naturelle, manifestement requise autant par la dépendance de l'enfant, que par une nécessité politique: la continuité d'une civilisation constituée qui ne peut être assurée que si les nouveaux venus par naissance sont introduits dans un monde préétabli où ils naissent en étrangers. »
Cette crise traduit la disqualification de la valeur de l'autorité. Elle se traduit par le dysfonctionnement de l'autorité.
De cette crise, nous sommes les témoins privilégiés dans notre activité clinique. Sans cesse nous sommes sollicités, requis pour explorer, réaménager l'autorité en souffrance, les dysfonctionnements de l'autorité comme sources de souffrances psychiques tant pour l'enfant que pour les parents. Cette problématique, classique pendant le temps d'adolescence s'est étendue à la première enfance, lors de la période du non: « Il a 18 mois et il nous commande », ou déjà dans la première année, pendant laquelle, dans certaines familles, le bébé ne trouve plus dans le lien à ses parents l'autorité nécessaire à la régulation de ses activités biologiques et psychiques.
Y aurait-il aussi crise de l'autorité dans la cure, dans les divers dispositifs thérapeutiques concernant le sujet individué, le groupe, la famille, l'institution et ce malgré les nombreux travaux consacrés au cadre et aux règles, malgré,