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L'étude de la situation adoptive et procréatique au sein d'une famille permet une réflexion particulièrement féconde sur plusieurs plans (social, juridique, culturel, psychiatrique, psychanalytique), notamment en raison des fortes sollicitations fantasmatiques que provoquent chez chacun de nous les questions de filiation. D'où les controverses, craintes, questionnements autour de ce mode de filiation quant à sa mise en place, ses limites ou son extension en fonction de la demande sociale (le « droit à l'enfant », le « droit aux origines », la levée de l'anonymat de la mère de naissance…). Ce débat parfois passionnel nous semble révélateur, voire symptomatique de véritables enjeux psychiques visibles non seulement au niveau individuel mais également dans le champ du social.
Aussi s'interroge-t-on sur le processus qui permet de transcender le statut du biologique pour permettre à un individu de devenir parent de l'enfant et être reconnu à cette place par l'enfant, sa famille et la société. La fonction du couple dans cette perspective de dépassement du biologique paraît importante, non seulement dans son rôle de parent mais aussi comme lieu historique et historicisant à travers sa rencontre, sa sexualité, son asymétrie.
Ces réflexions sont aussi le fruit d'un travail commun d'élaboration clinique dans une consultation spécialisée dans les problèmes de filiation au sein des couples ou des familles (adoption, aide médicale à la procréation). Nous y avons développé une approche de la situation adoptive à tous les moments de son élaboration: avant l'arrivée de l'enfant, au moment où l'enfant arrive, lorsque l'enfant grandit, devient adulte.