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« L'homme quittera son père et sa mère et s'attachera à sa femme. »
Il semble vraiment heureux que la RFP puisse proposer quelques réflexions sur la façon dont un psychanalyste peut prendre en compte, au registre qui est le sien, et dans les contextes qui sont ceux de nos jours, l'ensemble fort complexe des problèmes posés, à ces deux registres, par ce qu'on appelle « la famille », quelle que soit la forme particulière que celle-ci se donne, ou qu'on lui donne, dans notre société dite « postmoderne ».
Pour demeurer dans un cadre strictement psychanalytique, nous ne pouvons, au sujet de la famille, nous placer dans la même position qu'un sociologue, un philosophe, un économiste ou un juriste, bien que nous ayons sans aucun doute un grand intérêt à dialoguer avec chacun d'eux. Tout en gardant, de part et d'autre, nos identités propres. Donc sans mélanger les problématiques ou les méthodologies.
Nous pouvons remarquer la prudence dont Freud a fait preuve à l'égard de ce qui concerne la « famille » en général. Alors qu'il n'a pas hésité, à certains moments de son œuvre, à s'aventurer dans des hypothèses assez audacieuses parfois, aux registres anthropologique ou sociologique, et portant sur les rapports du sujet avec ses contextes actuels comme à son histoire personnelle ou collective. Mais, en plus d'une prudence scientifique tout à fait objective, nous pouvons aussi nous demander, en tant que psychanalystes, quelle serait éventuellement la part revenant à l'affectivité personnelle de tout auteur (fut-il psychanalyste) hésitant à disserter sur « la famille ». Un psychanalyste, plus que tout autre sans doute, se sent conduit, plus ou moins consciemment, à la prudence, étant donné sa connaissance des implications relationnelles