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L'une des raisons pour lesquelles les hommes ont peur des femmes2 est qu'elles ont le pouvoir de les rendre pères. Père…, situation impossible où, si l'on en croit Freud, on est assuré de l'échec; pire, d'échouer après avoir souffert les affres du « complexe de Laïos »3. Si le père d'Œdipe a été l'objet de la prédiction fatale – si tu as un fils il te tuera et causera une longue séquelle de malheurs – c'est pour avoir enlevé Chrysippe, adolescent, fils de l'homme qui lui accordait l'hospitalité, et avoir eu des relations sexuelles avec lui. Chrysippe, de honte, s'est suicidé. Certaines versions du mythe font de Laïos l'inventeur de l'homosexualité; il est en tout cas le prototype des pères homosexuels, mais le destin de tout père est de devoir gérer l'amour qu'il porte à ses propres enfants en inhibant les désirs sexuels que ceux-ci pourraient susciter.
Cette difficulté universelle peut prendre une place considérable et inhiber les relations entre un père et ses fils, elle peut devenir souffrance permanente comme il est possible de l'observer chez des patients qui, bien qu'engagés de façon durable dans une pratique homosexuelle, avaient un, ou des enfants, nés au cours d'un mariage ou d'une liaison plus éphémère. Ces pères, qui manifestaient le plus souvent affection et souci pour leurs enfants, souffraient cependant d'une sorte de malaise dans leur paternité. Même ceux qui se disaient en accord avec l'orientation homosexuelle prévalente de leur pratique sexuelle faisaient état d'une gêne par rapport à leurs fils ou filles, d'une inquiétude par rapport à ce que