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En 1970, paraît le fameux livre de Germaine Greer, La femme eunuque, borne intellectuelle à l'intérieur de ladite deuxième vague féministe. Tout comme cette deuxième vague, ce dernier livre est bien plus qu'uniquement féministe car s'inscrivant contre la structure étatique, la famille classique et l'autorité, son véritable objectif est la Libération avec un grand L. Greer le formule d'ailleurs avec concision: « Les anti-féministes craignent que l'émancipation de la femme n'entraîne la fin du mariage, des bonnes mœurs et de l'État. (…) Lorsque nous récolterons les fruits du travail des suffragettes, nous constaterons que finalement les craintes des anti-féministes furent justifiées » (G. Greer, 1970).
Sur ce, un quart de siècle a passé et l'on peut engranger les récoltes. À plus d'un titre, les paroles de Greer se sont révélées prophétiques. Sauf sur un point: elle-même n'a pas du tout l'air enchanté, loin de là. Dans une interview au Sunday Times Magazine (3 mars 1996), elle déclare que, si les femmes arrivaient au pouvoir, dans les plus courts délais la Grande-Bretagne retomberait au niveau d'un pays en voie de développement.
Les idées proférées dans cette interview sont actuellement assez répandues. Inscrites un peu partout dans l'air du temps, les exigences pour plus d'ordre et de justice se font entendre, allant de l'aspiration populiste jusqu'au fascisme le plus cru, en passant par le rêve d'une dictature éclairée fait par maints intellectuels, les uns comme les autres oubliant tout ce que l'histoire nous a appris à ce sujet. Là où, néanmoins, un tel revirement devient amusant, c'est dans le secteur psychothérapeutique. De tous côtés, on tente d'y réintroduire ce qui fut expulsé vingt ans auparavant: « Plus de structure ! », « Le Nom-du-père doit être installé ! ». La psychopathologie causée par l'excès d'antan se reflète de façon inversée dans le manque actuel.