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Cette étude du psychanalyste René Roussillon, membre titulaire de la Société psychanalytique de Paris et professeur de psychologie clinique à l'Université Louis-Lumière de Lyon, frappe d'emblée par la densité du propos et l'alliance entre la subtilité et la profondeur de la pensée. Elle prolonge et précise la réflexion engagée dans un ouvrage précédent, paru chez le même éditeur, Paradoxes et situations limites de la psychanalyse. Il s'agit donc de rendre compte du « manque à être » qui se manifeste dans les pathologies du narcissisme et les souffrances identitaires narcissiques, et qui met en difficulté la fonction subjectivante du moi.
L'ouvrage est fondamentalement clinique mais vise en même temps à proposer un modèle unitaire que l'on peut considérer comme typique des souffrances identitaires narcissiques; il caractérise le processus à l'œuvre dans les différentes formes de pathologie du narcissisme. L'hypothèse mise au travail est que l'agencement et la fonction intrapsychique et intersubjective de ces souffrances relèvent d'une organisation défensive contre les effets d'un traumatisme primaire clivé et contre la menace que celui-ci, soumis à la contrainte de répétition, continue de faire courir à l'organisation de la psyché et de la subjectivité.
Rédigé après coup, le premier chapitre rassemble et précise les éléments organisateurs de la construction théorique. Il résume ainsi les résultats de la recherche, son aboutissement actuel et propose une vue d'ensemble de la démarche. Il prend d'abord appui sur l'étude du transfert paradoxal et décrit