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Catherine Couvreur, avec son ouvrage, n'hésite pas à nous faire partager son expérience intérieure, expérience qui la situe, à la fois, comme écrivain, clinicienne et théoricienne. Ses références tant théoriques que cliniques de même que sa bibliographie sont exhaustives. Elle chemine avec les auteurs à travers une vertu et une dialectique – au sens hégélien du terme –, qui met en perspective tous les courants de pensée dans un style aisé, vivant et didactique, liant la rhétorique aux métaphores poétiques et littéraires. Ses illustrations cliniques, riches et nombreuses, sont mises en scène à travers des Récits à deux voix, selon l'expression de R. Diatkine. Expression qui figure la rencontre analytique entre les deux protagonistes de la cure psychanalytique et son processus qui s'effectue sur les deux scènes psychiques.
L'auteur reprend comme titre de son livre l'expression employée par Freud « la polarité de l'amour et de la mort » dans une lettre qu'il adresse à Schnitzler en 1922 et dans laquelle il dit à l'écrivain l'avoir évité, craignant de rencontrer son double. Nous voici pris entre des courants de tension dont l'une de ses figurations – « la polarité de l'amour et de la mort » –, désigne l'antagonisme fonctionnel qui régit toute vie psychique. Ces mots de Freud éclairent chez l'auteur « une caractéristique essentielle de la vie pulsionnelle, qui est d'être toujours en tension, entre psyché et soma, investissement narcissique et objectal, amour et destruction, liaison et déliaison » (p. 1).
Ces polarités fonctionnelles décrites par Freud, sont ainsi reprises par C. Couvreur, à travers une autre série d'oppositions: celles « de la présence et de l'absence, du plaisir et du déplaisir, de la sensibilité et de la rationalité. Celle enfin, qui se tend en écart entre l'expérience clinique et la théorisation » (p. 7).
« Double », « double valence », « double valence du discours », rendent