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Le Psychoanalytic Quarterly consacre son dernier numéro spécial aux buts de la psychanalyse « clinique ». Parmi treize articles d'auteurs aux références théoriques variées (y compris un article de D. Widlöcher) c'est une fois de plus l'article d'Owen Renik qui a retenu mon attention.
Owen Renik y raconte comment lors d'une rencontre avec un ami, patron d'une grosse boîte, celui-ci lui dit qu'il vient d'engager un de ses vieux copains, Ralph, qui avait extraordinairement changé depuis dix ans. Interrogé sur cette évolution, Ralph lui aurait dit qu'il avait fait une analyse avec Renik. Celui-ci fouille ses souvenirs et constate qu'il n'a vu ce patient miraculé qu'une fois, dix ans auparavant. Ralph souffrait d'inhibitions multiples dans sa vie professionnelle et affective. Au cours de l'entretien, Renik avait été amené à lui dire qu'il venait lui demander la permission de consacrer un an de sa vie à sa passion, la guitare. Le deuxième entretien prévu n'eut jamais lieu, mais l'analyste eut périodiquement des nouvelles de Ralph lui disant que tout allait bien. Et c'est ce que son ami lui confirmait aujourd'hui.
Renik discute cette histoire en affirmant qu'à ses yeux, ce fut une analyse « clinique » réussie. Au passage, interrogeons-nous sur ce que pourrait être une analyse qui ne serait pas clinique. Nous n'allons pas tarder à le découvrir quand, dans les lignes suivantes, Renik oppose « la cure de transfert » nécessairement inachevée et « une psychanalyse idéalisée » visant à un traitement exhaustif des conflits dans un cadre rigide établi à l'avance. Pour légitimer son propos; il en appelle à Freud et à ses analyses brèves. L'unique entretien avec Ralph, dit Renik, a activé chez lui un fructueux processus d'auto-investigation. Certains critiqueront ses interventions, dit-il et pourront penser que Ralph fut découragé à l'idée de faire une analyse mais après tout, le critère de validité d'une interprétation n'est-il pas dans les changement