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Si Freud a toujours affirmé la nécessité de considérer les faits psychiques comme autonomes vis-à-vis des processus chimiques et endocriniens, il n'a jamais voulu en minimiser l'importance. « Toutes nos conceptions provisoires, en psychologie, devront un jour être placées sur la base de supports organiques. »1 Il considérait la biologie comme « un domaine aux possibilités illimitées »2, n'excluait pas que la chimiothérapie agisse « sur les quantités d'énergie et leur répartition dans l'appareil psychique »3, et nous invitait ainsi à rester attentifs aux progrès de la biologie et en particulier de la chimiothérapie.
En effet, la psychanalyse ne peut que rester en éveil, dans son exercice, à l'égard des autres branches du savoir mais aussi aux évolutions de la société.
Une des importantes modifications de la pratique analytique actuelle est la rencontre quotidienne avec des patients qui nous posent la question de la coexistence d'un traitement analytique et d'une prise de médicaments psychotropes.
Complémentaires ? Opposés voire inconciliables ? Psychotropes et Psychanalyse ont à la fois des champs trop hétérogènes pour s'articuler simplement et trop imbriqués pour pouvoir s'ignorer.
Si, de tous temps, l'homme a recherché l'effet de substances inertes sur son psychisme, l'apparition de médicaments psychotropes majeurs a profondément changé les pratiques du psychisme humain. Cette révolution thérapeutique a mobilisé les analystes dans les années 1960, tant sur le plan éthique que dans la perspective d'une compréhension de l'étiopathogénie des troubles mentaux, des modalités d'action des médicaments sur le fonctionnement psychique et de leur impact dans la relation thérapeutique. Rappelons que certains antipsychiatres avaient préconisé un usage « thérapeutique » du LSD comme succédané de l'analyse, et que la narco-analyse avait suscité de grands