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De ce que Jones nomme l‘« épisode de la cocaïne », on retient souvent les éléments mentionnés par Freud lui-même après cette période : la découverte manquée des propriétés anesthésiques de la cocaïne, l'imprudence à avoir considéré la cocaïne comme substitut de la morphine et à avoir négligé l'accoutumance à cette substance, l'espoir déçu que la cocaïne pourrait guérir son ami Ernst von Fleischl. Trop de précipitation, dira en substance Freud en 1925, dans son Autoprésentation, trop de hâte à terminer son étude et à partir retrouver Martha dont il était séparé depuis deux années (en réalité, un peu plus d'un an) : « Ce fut la faute de ma fiancée si je ne suis pas devenu célèbre dès ces années de jeunesse. » Freud conclut cependant : « je n'ai pas gardé rancune à ma fiancée de cette occasion manquée »1. À l'approximation des dates, s'ajoute l'imputation – même humoristique – à Martha, et la conclusion qui sonne comme une dénégation. Il est donc difficile de se satisfaire de l'explication donnée à Fritz Wittels en 1924 : «je sais fort bien comment la chose m'est arrivée. L'étude de la coca constitua pour moi un allotrion* que j'eus hâte d'abandonner ». L‘Autoprésentation revient sur la cocaïne en évoquant « un intérêt marginal, mais profond ». L'usage du mot grec pourrait renforcer la suspicion : et si l'étude de la coca renvoyait moins à un allotrion qu'à un Unheimliche ?
« L'épisode », qui finit par recouvrir l'étude même du produit, se déroule entre 1884 et 1887. Freud avait fait la connaissance de Martha en avril 1882 et avait quitté en juillet 1882 le laboratoire de Brücke, où il n'avait pas d'avenir, puisque Brücke avait déjà deux assistants (Exner et Fleischl). En 1884, Freud est médecin à l'hôpital général de Vienne. Le 1er juillet 1884 paraît « Über Coca » (Sur la cocaïne). Le texte ne mentionne qu'à la fin la