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En France, l'arrivée dans le domaine thérapeutique des médicaments antidépresseurs et « anxiolytiques » a coïncidé avec le développement des pratiques psychanalytiques. Une génération de jeunes psychiatres s'est ainsi trouvée confrontée, au milieu des années 1950, à des pratiques de soins et à des théories psychopathologiques difficilement conciliables. Il a fallu plusieurs décennies pour que se dessine une certaine cohérence dans les pratiques, sans que pour autant une vue intégrative des modes d'action des traitements ait été réellement trouvée. Il ne sera donc pas question ici des indications thérapeutiques mais bien de dessiner certains jalons pour développer cette vue intégrative de la théorie, condition nécessaire pour asseoir nos pratiques.
La grande efficacité des antidépresseurs ne doit pas faire oublier l'intérêt de la psychothérapie. L'opposition entre une dépression d'origine organique et une dépression psychologique accessible à la psychothérapie peut être considérée comme une hypothèse définitivement réfutée. Mais, trop souvent, la théorie uniciste de la dépression a servi d'affrontement entre une explication organiciste et une interprétation psychologique. Une perspective résolument uniciste, mais qui tiendrait compte de ces deux modes d'explication, devrait impérativement distinguer le problème du mécanisme et celui de la cause. En termes de mécanisme, être déprimé, c'est-à-dire agir en déprimé, c'est à la fois réagir à l'environnement et à soi-même, et disposer d'un cerveau qui produit cette réaction. En termes de cause, être déprimé résultera soit d'un