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Par ses objectifs, sa finalité, ses fondements théoriques et son éthique, la psychanalyse appartient à la démarche scientifique. C'était la volonté de Freud, et on sait combien ce qu'il considérait comme des dérives de certains disciples hors de ce champ l'irritaient profondément. La démarche psychanalytique comme ses appuis théoriques se sont construits sur les connaissances scientifiques de son époque. On lui en fait parfois le reproche de nos jours. Il n'y a pas de doute que Freud vivant s'intéresserait de très près à l'évolution actuelle des neurosciences. On connaît ces propos régulièrement cités : … « on doit se rappeler que toutes nos conceptions provisoires, en psychologie, devront un jour être placées sur la base de supports organiques. Il semble alors vraisemblable qu'il y ait des substances déterminées et des processus chimiques qui produisent les effets de la sexualité et permettent la continuation de la vie de l'individu dans celle de l'espèce. Nous tenons compte de cette vraisemblance en remplaçant ces substances chimiques déterminées par des forces psychiques déterminées… » … « l'hypothèse de pulsions du Moi et de pulsions sexuelles séparées, et donc la théorie de la libido, repose pour une très petite part sur un fondement psychologique et s'appuie essentiellement sur la biologie »1. Nombre de chercheurs, en France du moins, y font référence, il est vrai, le plus souvent pour laisser entendre que la conscience scientifique de Freud lui commanderait sûrement d'abandonner la psychanalyse pour les neurosciences qu'il appelait de ses vœux. On peut douter qu'il le ferait, parce que Freud était certes un scientifique, mais aussi un visionnaire, et qu'on ne le voit pas abandonner son intérêt pour une méta-élaboration sur