You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
Nous nous trouvons à une époque difficile en ce qui concerne le traitement des troubles psychiques de l'enfant.
La psychanalyse de l'enfant, dans notre pays tout au moins, se trouve souvent contestée, si ce n'est niée dans son existence même, et, en tout état de cause, sa mise en jeu rigoureuse est de plus en plus rare (quel est le nombre d'enfants qui, pour tout un ensemble de raisons, et notamment financières, bénéficient réellement d'une cure à plus de deux séances par semaine, et ce aussi bien en secteur public qu'en secteur privé ?).
Par ailleurs, nous vivons des temps où laisser du temps au temps fait figure de luxe insupportable : aller vite devient une nécessité, l'obtention de changements rapides fait figure d'exigence et les parents, certains parents en tout cas, réclament des résultats symptomatiques visibles et repérables à court terme (ce qui sera, aussi, bientôt le cas des instances de tutelle et des organismes de remboursement des soins, par le biais d'une désormais sacro-sainte « evidence-based medicine »).
Qui, en dehors de M. Kundera, oserait encore aujourd'hui faire l'éloge de la lenteur ?
Il est donc clair qu'en termes de temporalité, l'abord psychanalytique et l'approche médicamenteuse des situations psychopathologiques apparaissent comme fondamentalement inconciliables, mais ce constat ne suffit pas, comme le souligne fort bien l'argument de ce numéro.
De nombreuses et passionnantes questions se posent en effet à l'interface de ces deux modalités thérapeutiques, et ce sur de multiples plans : clinique, théorique, technique et même, ou surtout, éthique.
Ces interrogations prennent un relief particulier chez l'enfant, dont les structures cérébrales se trouvent encore en formation, et non pas seulement en